MyHUD : un projet français entre broadcast et compétition

Communauté — publié le 28/09/2026

D'un HUD développé en quelques jours pour les streams de Fantin à un logiciel aujourd'hui utilisé bien au-delà des frontières françaises, MyHUD a parcouru du chemin en un peu plus de deux ans.

Derrière le projet, on retrouve notamment WhyNoT et NES, deux développeurs passionnés de Counter-Strike qui ont progressivement vu leur « side project » prendre une dimension qu'ils n'avaient probablement pas imaginée à ses débuts.

Et l'aventure ne s'est pas arrêtée au broadcast. Avec MyHUD Esports, le projet possède désormais sa propre équipe CS2 et ambitionne également de se faire une place sur les serveurs.

Nous avons échangé avec WhyNoT pour revenir sur la naissance de MyHUD, son développement à l'international et cette nouvelle aventure esport.

Avant MyHUD, le parcours de WhyNoT

Counter-Strike occupe une place importante dans la vie de WhyNoT depuis plus de quinze ans. Après des débuts sur CS, il s'intéresse rapidement à l'esport et tente, à seulement 17 ans, une première expérience chez Clan Mystik en commentant notamment les World Championships 2016 et des rencontres d'ESL Pro League.

Une aventure de quelques mois seulement.

Entre les cours, le sport et le fait de me faire daronned quand je hurlais pour un clutch dans ma chambre à 23 h, il était assez compliqué d'avoir les disponibilités nécessaires pour continuer sérieusement.

Dans les années qui suivent, Counter-Strike reste pourtant bien présent. Au sein de PickupTaSoeur, un groupe d'amis habitué à organiser ses propres 5v5 sur des serveurs privés, WhyNoT commence à mêler sa passion pour le jeu à une autre qui prend progressivement de la place : le développement informatique.

Il crée plusieurs outils pour faciliter l'organisation de leurs matchs avant de sortir, en 2022, K.OCS, une plateforme permettant d'automatiser l'organisation de pickups jusqu'à la configuration du serveur.

Un an plus tard, sa rencontre avec NES et Fantin va devenir déterminante. Le premier est lui aussi développeur, tandis que le second diffuse notamment des rencontres ESEA d'équipes francophones. Ensemble, ils travaillent sur Subtop Finder, une plateforme permettant de suivre les équipes françaises engagées dans la ligue ESEA.

Début 2024, à l'occasion des RMR européens du PGL Major Copenhagen, WhyNoT développe également une page permettant de suivre plus facilement les équipes dans le bracket FACEIT. L'outil finit par être utilisé par plusieurs streamers, dont KRL.

Sans encore le savoir, les ingrédients derrière MyHUD étaient déjà réunis.

Quelques jours, quelques nuits et la naissance de MyHUD

L'idée vient notamment de Fantin. Habitué à streamer des matchs de CS, il évoque à plusieurs reprises la possibilité de développer quelque chose autour des HUDs.

WhyNoT et NES commencent alors à étudier les possibilités techniques. L'objectif n'est pas encore de créer un logiciel destiné à être distribué à travers le monde : la première version doit simplement servir aux streams de Fantin.

Nous développons en quelques jours (et quelques nuits) une première version qui fonctionne étonnamment bien.

Si le cœur visuel du HUD n'a finalement pas énormément changé depuis ses débuts, le logiciel qui se cache derrière a, lui, considérablement évolué. Smart Observer, affichage des vetoes, replays automatiques, scènes de broadcast, Auto Clip ou encore compatibilité avec Stream Deck font aujourd'hui partie des fonctionnalités venues enrichir le projet.

Mais quelques semaines seulement après cette première version, une opportunité va déjà changer la trajectoire de MyHUD.

Grâce aux contacts de Fantin, l'équipe échange avec Dokai, observer reconnu sur la scène française. Ce dernier doit justement officier lors de La Coupe 2024, organisée à Paris par KRL. La veille de l'événement, avec la confiance de l'organisation, il accepte d'utiliser MyHUD.

Difficile d'imaginer que seulement quelques jours ou semaines après la première version de notre logiciel, celui-ci serait déjà utilisé lors de l'une des plus grosses LAN françaises.


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Malgré quelques couacs, l'expérience valide surtout une idée : MyHUD peut intéresser bien plus de monde que son utilisateur initial.

Dans les semaines suivantes, l'équipe commence donc à travailler sur une version publique.

Du subtop français à l'international

Le projet commence à attirer de nouveaux utilisateurs, d'abord principalement dans le subtop français. Mais cette croissance apporte également une difficulté : le temps.

MyHUD reste un « side project ». WhyNoT et NES ont tous les deux un emploi à temps plein et doivent trouver un équilibre pour ne pas transformer le logiciel en deuxième travail. Malgré cela, ils continuent de développer de nouvelles fonctionnalités et assurent eux-mêmes le support auprès des utilisateurs.

Cette proximité devient aussi l'une des forces du projet. Lorsque l'un est moins disponible ou traverse une période de moindre motivation, l'autre prend naturellement le relais.

Progressivement, MyHUD commence surtout à regarder au-delà de la France. Plus de douze langues sont intégrées au logiciel, tandis que l'équipe ne se contente pas d'attendre que les utilisateurs viennent jusqu'à elle.

WhyNoT et NES développent notamment un outil capable de repérer des streams Counter-Strike utilisant un autre HUD afin d'identifier de potentiels utilisateurs. Commence alors un important travail de démarchage auprès de streamers étrangers.

Pour un utilisateur qui va tester ton logiciel un soir, tu vas facilement avoir dix refus ou ghosts.

Une méthode chronophage, mais qui finit par porter ses fruits.

Plusieurs moments symbolisent cette progression. Il y a d'abord La Coupe, où WhyNoT se retrouve devant son écran à regarder la POV d'apEX affichée à travers un outil qu'il vient tout juste de développer.

Puis viennent les débuts de Gentle Mates sur Counter-Strike. Cette fois, MyHUD se retrouve devant près de 50 000 spectateurs.

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Pour WhyNoT, la satisfaction ne vient pas uniquement du nombre : le logiciel paraît suffisamment naturel et professionnel à l'écran pour que son utilisation ne suscite même plus de questions.

Enfin, il y a FiReSPORTS. L'organisation argentine fait partie, avec Crossfire, des premières organisations importantes à directement prendre contact avec MyHUD. Le logiciel est alors choisi pour accompagner ses premières LAN VRS en Argentine.

D'un outil imaginé pour le stream de Fantin, MyHUD se retrouve utilisé à l'autre bout du monde.

Mais les ambitions de l'équipe vont bientôt dépasser le cadre du broadcast.

« Je suis nul au jeu, mais je l'aime tellement »

Avec les revenus de MyHUD qui commencent à grandir, une nouvelle idée émerge : réinvestir une partie de cet argent directement dans l'esport.

Pour WhyNoT, la motivation est assez simple.

Je suis nul au jeu, mais je l'aime tellement.

À défaut de vivre les émotions de la compétition en tant que joueur, l'idée de les vivre à travers une équipe devient progressivement une évidence. Fantin et NES ont eux-mêmes connu le subtop en tant que joueurs et l'envie est partagée.

Grâce aux contacts de Fantin, l'équipe échange avec Raph, alors fondateur de Kova, qui possède déjà un roster. Les deux projets décident finalement de réunir leurs forces sous un nouveau nom : MyHUD Esports.

Les ambitions restent dans un premier temps mesurées. Pas question de viser immédiatement les plus grandes LANs : l'objectif est avant tout de faire les choses correctement, de progresser en ESEA et de participer à des compétitions adaptées au niveau de l'équipe.

Une première expérience physique arrive rapidement avec la LAN for Elite à l'Espot de Paris. Le règlement imposant au minimum une joueuse par équipe empêche MyHUD d'aligner son cinq complet, mais l'événement permet surtout à la structure de se confronter pour la première fois à l'organisation d'un déplacement avec ses joueurs.

L'expérience marque particulièrement WhyNoT.

Voir les joueurs porter le logo MyHUD, se donner à 100 % dans leurs matchs et pouvoir vivre tout ça à côté d'eux, après avoir suivi le projet derrière un écran pendant des mois, c'était une consécration assez folle pour moi.

Cette première aventure française sera finalement assez courte. Après la LAN, MyHUD décide de se tourner vers un projet international. Un changement que WhyNoT reconnaît aujourd'hui avoir peut-être effectué trop rapidement, notamment vis-à-vis de Polo et Zephyor, qui resteront malgré tout les joueurs de la première aventure MyHUD.

Une équipe qui veut désormais franchir un cap

Après cette première expérience, MyHUD change de direction en construisant un projet international autour de Fl1pper, seul joueur du premier roster encore présent aujourd'hui.

Plusieurs changements de joueurs suivront. La structure s'appuie désormais sur un staff composé notamment de THs au poste de manager, Red1many comme coach, NaY comme analyste et Raph en tant que cofondateur.

Fin 2025, MyHUD atteint notamment la finale de l'Aztec Circuit National. La structure participe également à la Gamers Assembly, là encore dans des conditions particulières puisque l'équipe, encore en construction lors des inscriptions, est largement complétée par des membres du staff.

Des expériences qui rendent difficile l'évaluation du véritable potentiel du roster principal, mais les ambitions commencent malgré tout à évoluer.

MyHUD veut désormais multiplier les tournois et les LAN afin d'accumuler de l'expérience. Avec un objectif déjà fixé pour la suite : obtenir ses premiers points VRS en 2027 et commencer à inscrire durablement le nom de MyHUD Esports dans le paysage Counter-Strike.

Et dans trois ans ?

Malgré le chemin déjà parcouru, WhyNoT ne cache pas que la première réussite serait tout simplement de pouvoir raconter que l'aventure continue.

Pour le logiciel, l'objectif est de continuer à suivre les évolutions de Counter-Strike, développer de nouvelles fonctionnalités et conserver une communauté internationale. Avec, à terme, l'ambition de travailler directement avec des organisateurs de compétitions reconnues de niveau T1 ou T2.

Du côté de l'esport, la logique est similaire. Dans un environnement où les projets peuvent disparaître aussi rapidement qu'ils sont apparus, voir MyHUD Esports toujours debout dans trois ans constituerait déjà une réussite. Et si tout se passe bien, WhyNoT aimerait aller beaucoup plus loin : installer durablement la structure dans le paysage CS avec une équipe évoluant à un véritable niveau professionnel.

Ce serait déjà assez fou quand on repense à la manière dont tout ça a commencé.

Avant de terminer, WhyNoT tient surtout à mettre en avant ceux qui ont accompagné l'aventure. NES en premier lieu, qu'il décrit comme un soutien essentiel au développement de MyHUD, mais également Fantin, les membres du staff esport : THs, Red1many et NaY, ses anciens compagnons de pickups et toutes les personnes qui ont accepté de donner sa chance au logiciel lorsqu'il était encore à ses débuts.

KRL, arno3k, Guigz, Ironpol, Jawed, Dokai, Arthurrrr ou encore Ziven font partie de ceux qu'il tient à remercier.

Et pour conclure, WhyNoT préfère déjà donner rendez-vous dans quelques années :

Bref, merci à tous… et maintenant on va essayer de faire en sorte que cette interview soit encore marrante à relire dans trois ans.


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